mercredi 29 février 2012

Dino. La belle vie dans la sale industrie du rêve, de Nick Tosches


(Dino. Living high in the dirty business of dreams, 1992)
Rivages/noir, 2001, 638 p.

J’étais à Paris en novembre passé et comme mon activité principale de la semaine, outre boire du vin, avait été de tourner (ou pas) au hasard sur chaque rue qui se présentait, voilà que je m’engageais dans une petite allée qui aurait entre autres qualités celle de me ramener vers l’auberge. Du moins, je l’espérais. Il ne me restait plus que ma gauche et ma droite, les points cardinaux, depuis mon arrivée, me tournaient autour en faisant la ronde et chantant des chansons.

J’essayais de tenir en équilibre sur le trottoir à funambules quand mon regard s’est porté automatiquement vers une librairie de l’autre côté. Moi qui pensais que cette rue ne valait même pas la peine d’avoir un nom et voilà que se présentait devant moi quelque chose comme un genre d’idéal, une librairie de romans noirs. Tous classés par collection, ces livres mis ensemble créaient une unité imposante. Y’en a, du monde qui meurt dans ces murs-là. Respect.

Après avoir déambulé la bouche ouverte dans l’espace restreint, j’étais accroupi près de la porte d’entrée dans la section réservée à Rivages. Va sans dire que le plus beau spot de la librairie était réservée à La Noire de Gallimard. Heureusement, je n’étais pas dans un mood noir ou policier. Ça m’aurait coûté cher. Non, je cherchais des livres de musique. Je venais de m’acheter l’autobiographie de Mingus et voilà que, sur la dernière tablette du bas - j’étais tout courbé, si quelque ouvrait la porte d’entrée j’en prendrais un sale coup dans les reins – je suis tombé sur ce livre de Nick Tosches sur la vie de Dean Martin. Y’avait même pas de prix écrit à l’intérieur, j’ai demandé au vieux libraire qui s’est penché à mes côtés pour rapidement prendre un livre de la même collection en exemple et se relever aussitôt. « Bah, je sais pas, disons 3 euros? »

Pendant une semaine, j’ai eu la plus grande des difficultés à faire la transposition des devises. Si bien que 3$ pour un Rivages de plus de 600 pages était tout un deal.


De Nick Tosches, j’avais déjà lu Country : Les racines tordues du Rock’n’ Roll, puis la moitié de Night Train, un livre consacré au boxeur Sonny Liston. Pourquoi je l’ai pas terminé, ça j’en ai aucune idée. De Tosches, je sais qu’il traite généralement de sujets qui m’intéressent, d’époques qui m’intéresssent et qu’il les aborde généralement par le côté sombre. Nick Tosches ne fait pas dans la joie.

De Dean Martin, je ne savais que très peu de choses. Mon premier contact réel datait de la seule fois de ma vie où j’ai acheté des disques de noël. Un coffret d’Elvis et un disque du Rat Pack (Sinatra, Martin, Davis). Dès les premières notes de I’ve Got My Love To Keep Me Warm, j’avais été charmé par la décontraction de Martin, par la chaleur de sa voix. Puis, plus tard, alors que Martin chantait Rudolph The Red-Nosed Reindeer, force m’était de constater que chanter cette chanson tout en ayant l’air aussi cool relevait du tour de force. Dean Martin avait mon respect. Un album de noël, fallait le faire.
Je me suis donc lancé dans cette biographie fortement teintée du ton de l’auteur en constatant que je ne connaissais rien de Dean Martin. Et c’est bien là l’une des grandes lignes directrices de sa vie : personne ne saurait jamais ce qui se passe dans la tête de cet empereur du cool.

Dire à quel point je n’avais aucune idée de la carrière de l’homme, j’ignorais qu’il avait accédé au statut de grande vedette avec son duo avec Jerry Lewis. Tous deux à l’affiche du même casino, Lewis ouvrait la soirée avec son numéro de lipsych humoristique et Martin terminait avec son tour de chant. Puis, un soir, ils sont revenus sur scène pour faire une troisième partie improvisée où ils déconnaient. C’était le début d’une grande association, le bellâtre décontracté et le petit singe aux simagrées, qui les mena à faire, pendant une dizaine d’années, un nombre impressionnant de spectacles à guichet fermé dans les plus grands endroits (Copacabana, Atlantic City, Las Vegas, etc), de films, d’émissions de télé et de téléthons (un concept qu’ils ont eux-mêmes initié). Tout ça en accumulant un nombre ridicule de dollars. Ridicule vers le haut, entendons-nous.

Dans ma tête, Martin était un chanteur, mais en fait, il a surtout été une grande vedette au sens général. Ayant bâti sa carrière et sa réputation en se contentant principalement d’être lui-même, il a vogué sur l’adoration et les millions durant des années.

La carrière de chanteur a été longue à démarrer. Sur disque, du moins. Au début, il ne semblait être qu’une pâle copie de Bing Crosby, jusqu’à ce que le « ton » Dean Martin devienne un incontournable dans les foyers américains. Il a mis du temps à s’inscrire dans les palmarès. Mais du moment que ça a été fait, et ça ne ferait qu’empirer, Martin en spectacle ne terminait même plus ses chansons. Si je la chante au complet, vous n’achèterez plus mes disques.

Au cinéma, il a tourné plus d’une cinquantaine de films. Si, durant une courte période, il a été jusqu’à avoir certaines très bonnes critiques, il n’en reste pas moins qu’il était un acteur moyen. Mais sa seule présence pouvait servir au succès du film. Il était l’icône parfait de la culture populaire, si bien que ses rôles dans certains films plus sérieux suscita des critiques sévères. Mais Martin n’en avait rien à foutre, il ne croyait pas à l’idée que l’on puisse trouver de l’art dans le cinéma. Si bien qu’il se vautra de plus en plus dans des rôles mauvais de films mauvais, tout en encaissant les millions. Cependant – et c’est l’une des plus grandes constantes du livre – sur le plateau, Martin était un vrai professionnel. Il arrivait toujours à l’heure, savait ses textes à la perfection ainsi que ceux des autres acteurs, collaborait sans jamais faire de crises de vedettes (il ne comprenait pas ceux qui affirmaient que c’était là un métier difficile), il faisait rire l’équipe, charmait les actrices. Puis il s’est enfoncé peu à peu dans la médiocrité. Il ne faisait ses scènes qu’une seule fois, se désintéressait de ses rôles (s’y était-il déjà intéressé?), ne regardait même pas ses films.

À la télé, Martin a été l’hôte d’un grand nombre d’émissions. Blagues faciles, filles sexy, verre et cigarette à la main, Martin faisait les choses comme bon lui semblait. Mais avec l’arrivée des années soixante et les nouvelles moeurs relatives à l’époque, l’attitude de la vieille école avait de moins en moins sa place. Tout de même, derrière son attitude sexiste et ses blagues d’alcoolique, le peuple américain voyait en Martin le bon père de famille et le mari attentionné. Mais son divorce avec Jeanine, après vingt ans de mariage, pour s’acoquiner avec une poulette de 19 ans, fit chuter d’un coup sa belle réputation. Et il répondit aux nombreuses lettres de contestation venues de divers mouvements sociaux en offrant des émissions encore plus grivoises. Youtube vous fournira un grand nombre d’extraits malaisants où l’on voit un dean Martin visiblement saoûl et très approximatif.

Alors que je croyais apprendre des tas de choses sur le Rat Pack et Sinatra, la plus grande partie du livre fait place à l’époque du duo avec Jerry Lewis. N’empêche, Sinatra occupe le dernier tiers du livre. Alors que l’entourage de Sinatra se composait principalement de lèche-culs, ce dernier recherchait la compagnie de Martin. Au même titre qu’Elvis, qui a toujours admiré Martin, qui a souvent traîné en moto devant sa maison sans jamais avoir les couilles pour aller cogner à sa porte. À part la mort de son fils dans un accident d’avion et les nombreux maris de ses filles, tout porte à croire que Dean Martin n’en a jamais eu à foutre de rien.

Somme toute, le livre est plutôt lourd à la lecture. Tosches s’enfonce souvent dans les nombreuses modalités de contrat, beaucoup de chiffres, beaucoup de noms inconnus, de dates ainsi que l’histoire complète de la plupart des casinos où Martin a joué font plus souvent qu’autrement ombrage à l’aspect humain, qu’on aurait aimé lire d’avantage.

Mais encore-là, comment faire un livre personnel avec un sujet qui n’a toujours laissé paraître que son image?

jeudi 9 février 2012

Squirrel seeks chipmunk, de David Sedaris



Illustrations de Ian Falconer
Back Bay Books, 2010, 168 p.

Ça adonnait que je passais dans le coin de ce magasin grande surface où j’ai écoulé un nombre d’heures plutôt déprimant en tant qu’employé par les années passées. Même si peu de choses ont changé, il n’en reste pas moins que, depuis mon départ, rien n’est plus pareil. Au niveau de mes intérêts personnels, je parle. Après avoir fait un tour décevant de la place occupée sur les tablettes par mes auteurs fétiches, force m’était de constater que certains de ces livres avaient été mis sur les tablettes par ma propre main, trois ans auparavant.

J’en étais à errer dans les allées avec un air mitigé et un peu déprimé. J’avais déjà été au courant de toutes ces nouveautés, un genre de référence, même. Fini, ce temps-là. J’étais encore pris avec des auteurs découverts des années plus tôt et qui plus est, avec aucun désir de nouveauté. J’en étais presque à demander conseil à une libraire de 22 ans que je connais même pas quand je suis tombé sur Ghislain, un des rares visages de mon époque encore sur le plancher. En lui parlant, j’ai eu un flash : « T’as-tu du David Sedaris? »

Je posais la question en sachant très bien que, à moins que l’auteur ait sorti un livre dans les six derniers mois, il était peu probable de retrouver un de ses titres sur les tablettes. Devant l’ordinateur, il m’a confirmé qu’il y avait bel et bien un titre, dans la maigre section Humour.

J’ai vite trouvé le livre pour constater qu’il y avait des animaux sur la couverture. En lisant les inévitables critiques enthousiastes de quatrième de couverture, j’ai compris que les histoires du recueil mettaient en scène des animaux. Aw, come on. Je n’avais encore lu qu’un seul livre de Sedaris et ça avait été bien assez pour me rendre inconditionnel. Mais inconditionnel de ses récits, je veux qu’il me parle de lui, comme il sait si bien le faire, pas qu’il me raconte des histoire avec des… animaux, merde.

Puis je me suis fait à l’idée qu’il devait y avoir anguille sous roche. C’était impossible que Sedaris soit inintéressant. Je suis reparti aussitôt avec entre les mains un livre où l’on voit en couverture deux mignons rongeurs en tête à tête.

Le métro n’était pas encore arrivé que j’étais déjà complètement absorbé par la finesse cynique de Sedaris. Et je continuerais comme ça, tout au long de ma lecture, à secouer la tête en me disant que ce gars-là a vraiment pas d’allure.

Les animaux mis en scène ici se parlent tous entre eux, vivent dans une société qui leur est propre, tout en gardant leur fonction première, c’est-à-dire, être des animaux. D’une espèce à l’autre, les coups volent bas, les préjugés sont légions, à commencer par ce mépris généralisé des oiseaux.

Sedaris allie à merveille les comportements humains et animaux. Un chat en prison qui fait la vie dure à la souris qui dirige les réunions des A.A. « I’m telling you, brother, you do NOT want that mouse as an ennemy.
⎯ What’s he going to do, the cat said, steal the cheese off my hamburger patty? »

Un couple de chiens en crise conjugale alors que la femelle, une bâtarde, vient d’avoir une portée avec le chien d’en face et que le mâle, un pure race, « gagne sa vie » en se reproduisant avec d’autres chiens de race. « She says that if it’s a paycheck I’m after, I could just as easily lug around a blind person. « Or better yet, sniff out contraband, you and that selective nose that hates the TV but loves the smell of a book.
⎯ Not ALL books » I tell her. And it’s true, I can’t stand thrillers. »

Ou encore cette magnifique histoire où un Hibou assoiffé de savoir tente de régler le problème d’un hippopotame aux prises avec une colonie de larves chantantes dans l’anus.

Je pourrais toutes les raconter, mais ça tuerait la magie de Sedaris. Ce ton baveux, cynique, intelligent, mais toujours égal. Il vous fait plus souvent rire en coin qu’éclater aux éclats, comme si vous assistiez à quelque chose de pas permis, quelque chose dont il ne faudrait pas rire mais qui est définitivement très, très drôle.

Davis Sedaris vous divertit tout en faisant honneur à votre intelligence. Je suis déjà triste d’avoir, très bientôt, déjà lu tous ses livres.

jeudi 26 janvier 2012

Arvida, de Samuel Archibald


Le Quartanier, 2011, 315 p.

Maintenant que je l’ai lu, on me dit qu’on parle partout de ce livre-là. Mais quand Vallières m’a montré dans le temps des fêtes ce cadeau qu’il avait reçu en me disant « C’est la grosse affaire, y paraît. Tout le monde parle de livre-là », je jure que c’est la première fois que j’étais mis au courant du livre et de son auteur.

J’ai arrêté d’être libraire et pas à peu près.

J’ai alors pris le livre qu’il me tendait pour faire connaissance. Pour la première fois de la soirée, je laissais les enfants me courir autour et me sauter au cou sans répliquer. Mononc’ Gasse s’offrait une pause, dans la mesure du possible. D’entrée de jeu, je remerciais déjà les éditions Le Quartanier de faire de si beaux livres. La qualité et la beauté de l’objet sont trop souvent négligées. Faut respecter.

Puis la quatrième de couverture s’est mise à me parler. On termine la présentation en citant Cormac McCarthy, Jim Thompson, Stephen King. On joue gros, je me disais. Puis, juste avant d’ouvrir à la première page : « Samuel Archibald est né en 1978… »

Cette excitation mêlée de crainte de découvrir un auteur de talent plus jeune que toi.

Théo me faisait exploser la tronche avec ses nouveaux pistolets de cowboy, Marie était accrochée à mon cou et me couvrait de baisers, Lili-Rose insistait que je me lance avec elle dans une partie d’un jeu éducatif et moi, j’étais déjà investi à fond après une première page.

J’ai déposé le livre en remettant le rendez-vous à très bientôt et me suis remis à quatre pattes en faisant des bruits de lion. Y’a des rendez-vous qu’on ne reporte pas.

Quelques jours après, je suis passé au Port de Tête pour me le procurer. J’ai joint à mon achat « La ballade de Nicolas Jones » de Patrick Roy, toujours au Quartanier, et le recueil de Robin Aubert. Mine de rien, je ne m’étais pas acheté de livres depuis un bout. J’étais pas mal fier.


Cette fin de semaine, je suis allé en abitibi et il est arrivé ce que je redoutais. Pas assez de pages pour compléter le voyage. J’ai repoussé comme j’ai pu la fin inévitable. Mais merde, quand t’aimes c’que tu lis, c’est ben maudit de pas aller de l’avant.

On devait être sur le retour dans le coin de Tremblant quand j’ai refermé le livre en me disant « Ouin ben Archibald, t’aurais eu 70 ans pis une vingtaine de livres d’écrits que j’aurais salué haut et fort la beauté d’Arvida. Mais c’est ton premier livre. On te connaissait pas pis bang, t’arrives avec ça, toi-là. Shit. Tu me donnes autant envie d’écrire que d’arrêter. »

Si vous voulez vraiment savoir de quoi ça parle, si c’est vraiment nécessaire pour vous, allez voir ailleurs, paraît qu’ils en parlent partout.

mercredi 18 janvier 2012

Le XXe siècle américain, une histoire populaire de 1890 à nos jours, de Howard Zinn


(The twenieth century, extrait de People’s history of the United States, 1492-present)
Lux, 2003, 474 p.

Je suis pas un gars de politique et je suis plus ou moins un gars d’Histoire, sauf si ça se rattache à la musique. Un moment donné, on choisit ses forces puis on s’enrichit dans ces directions-là. C’est sur un coup de tête que je me suis lancé dans la lecture de ce livre et j’y ai mis quand même un certain temps. D’un côté parce des lectures de livres politiques écrits tout petit avant de se coucher, c’est pas le meilleur contexte (quoique ça fasse drôlement la job) et de l’autre côté, parce que ça fait tellement rager qu’il faut prendre des pauses, pas le choix.

Howard Zinn oriente son livre en fonction des luttes sociales beaucoup plus que des gouvernements. Et des luttes, c’est comme s’il n’y avait eu que ça : Luttes syndicales, droits des noirs, droits des femmes, mouvements anti-guerre (la première, la deuxième, le Vietnam, la Corée, le Salvador, le Koweit et toutes celles que j’oublie, qu’on a oubliées ou dont on n’a même pas entendu parler), manifestations écologiques, le 99%/1% qui est en place depuis toujours, etc.

Et à travers les époques, toujours la même rengaine. Mauvaise répartion des richesses, expansion constante du budget militaire au détriment de nombreux services sociaux, gouvernement hypocrite (tant républicain que démocrate) qui se dit fier de représenter le peuple, alors que seulement une infime partie de ce dernier se soit présenté aux urnes, bombardements réguliers et rarement justifiables afin d’affirmer au reste du monde sa suprématie militaire au lieu d’en faire une suprématie humaitaire. Et ce désir constant de combattre le crime en punissant à l’œil et en construisant des prisons au lieu de travailler à enrayer la pauvreté.

Je ne connaissais de l’histoire des Etats-Unis que certaines grandes lignes directrices et encore, dans un ordre un peu flou. Plus enclin à découvrir l’Amérique à travers l’œuvre de Dylan que celle des différents présidents. Oui, il y a une grande partie de ce livre qui m’a échappée. Je suis capable de vivre avec. Et Howard Zinn vous fait bien vivre avec ça, aussi. La majorité des sujets tratés sont renforcés par de nombreux témoignages du peuple. Les petites personnes qui ne changent rien aux statistiques pour qui la vie a été un enfer pour avoir désiré et soutenu un idéal rarement utopique.

Pas en Union Soviétique sous Staline, là. Aux Etats-Unis., bon dieu. The land of the free.

Deux exemples bien anodins, durant la première guerre mondiale :
« À Los Angeles, on pouvait voir un film sur la Révolution américaine qui évoquait les atrocités commises par les Britanniques à l’égard des colons. (…) Le réalisateur fut poursuivi au nom de la loi sur l’espionnage au motif que son film, selon le juge, mettait en cause « la bonne foi de notre alliée, la Grande Bretagne. Il fut condamné à dix ans de prison.
Dans une petite ville du Dakota du Sud, Fred Fairchild, fermier et socialiste, fut accusé d’avoir déclaré au cours d’une discussion sur la guerre : « Si j’avais l’âge d’être enrôlé et que je n’avais pas de famille, je refuserais de servir. Ils pourraient me tuer mais ils ne m’obligeraient pas à me battre. » Il fut jugé pour atteinte à la loi sur l’espionnage et condamné à un an et un jour d’emprisonnement (…) »

Des choses comme ça, tout au long du vingtième siècle, pendant près de 500 pages. Pas besoin d’aimer et de comprendre la politique pour se lancer dans ce livre. Il s’agit d’aimer et de comprendre les gens. Et il faut accepter d’être triste pendant près de 500 pages.

Je lisais ça l’autre fois à la job quand Marco est arrivé et a tout de suite reconnu le livre. Lui, il a lu la version complète, qui couvre de Christophe Colomb à George Bush, celui qui a l’air d’un petit singe, là, pas l’autre avant. « Man, si tu trouves ça déprimant, attends de voir ce que Christophe Colomb a fait aux indiens. Ça a pas de crisse de bons sens. On connaît pas la vraie histoire, mon gars. »

Shit. Faudra bien aller voir de ce côté-là un jour, mais d’ici-là, je vais lire une belle quantité de romans. Des romans pour la plupart déprimants, sans aucun doute, mais au moins des histoires inventées.

Oui, ce livre m’a rendu triste. Parce que les Etats-Unis, ça reste somme toute un pays fascinant. Parce que mes créateurs favoris y sont nés, y ont vécu, l’ont raconté. Parce qu’il est rempli d’êtres humains qui veulent juste avoir la paix. Comme ici. Comme en Irak aussi. Comme partout, merde.

vendredi 9 décembre 2011

Cantique de la Racaille, de Vincent Ravalec


Flammarion, 1994, J’ai lu, 414 p.

Mon voyage pour la France, il était prévu depuis quelques mois. Le fait que je parte finalement seul et triste avec un préavis de 24h, lui, ne l’était pas. Même si je me retrouvais soudainement avec des tas de trucs à régler tout en gérant un sale lendemain de veille et un nouveau statut conjugal, choisir ma lecture demeurait une priorité. J’étais quand même pas pour traîner « Le Xxe siècle américain » d’Howard Zinn déjà entâmé je me disais, m’en vas tripper à Paris pour me refaire les idées, je voulais traîner une histoire qui, même si elle était déprimante, aurait au moins la qualité de ne pas être vraie.

Comme des priorité, il y en avait quelques une, j’avais somme toute un minimum de temps à consacrer à ma sélection. Ça me prendrait un auteur français, je me suis dit. Ou au moins quelque chose qui se passe à Paris. J’en étais à constater que les auteurs français ne se bousculaient pas tant que ça, dans ma bibliothèque de poches. J’avais tassé le fauteuil orange et j’étais maintenant à genoux à écumer les livres les moins époussettés de mon appartement quand mon doigt s’est arrêté sur ce livre de Ravalec, dont j’avais lu le passionnant et beaucoup trop bref « L’auteur », un mois auparavant.

Ah ouin ça, c’est quoi l’histoire, déjà?

Pas moyen, y’a pas de quatrième de couverture.

Ceux qui ont déjà travaillé en librairie savent probablement qu’il est moins coûteux pour les gros éditeurs de détruire les livres de poche plutôt que de payer le transport de retour pour les invendus. Le libraire n’envoie donc que les quatrièmes de couverture avec le code barre pour prouver que le livre n’a pas été vendu et hop, dans une enveloppe et le reste à la dompe. Ou dans une boîte pour les libraires avides de gratuité.

J’ai rechigné devant le handicap un instant puis j’ai balancé le livre dans mon bagage à main. J’avais d’autres priorités. Comme me trouver un endroit où coucher. Puis faire le ménage dans mon bagage à main, qui se trouve à être mon sac à dos depuis quoi, plus de dix ans, au fond duquel vieux bonbons ont côtoyé stylos défectueux, grenailles de fond de paquet de clope, reçus de caisse qui auraient été bons pour mes impôts 2004, bouteilles format voyage de gouttes hydratantes pour les yeux qui dataient du lock-out de la LNH et autres substances en gestation très certainement interdites aux douanes.

D’un certain point, je trippais, je me disais qu’il fallait que je sois à l’aéroport exactement durant les heures du match Montréal-Boston. Une game tout seul à Trudeau avec une bière à 8 piasses avant de partir vers mon plus gros déboussolement à vie (oui, je suis casanier. Je casane big time). Ça me tentait. Mais ça n’est jamais arrivé.

Pas moyen d’arriver à la voir. Dans un restaurant avec des lumières mauves, il y avait deux ou trois écrans, tous à des postes différents. Et pas un chat dans la place.
Bon, je me suis dit, je suis peut-être un peu d’avance. J’en profite pour commencer le livre, histoire d’être un peu dedans rendu dans l’avion et d’avoir envie de continuer au lieu d’écouter un film avec un chien savant ou avec Matthew McConaughey.

J’ai vite retrouvé le Ravalec qui m’avait accroché un mois plus tôt (vous vous rappelez, c’est un journal de lecture, ici). Le ton désinvolte et l’air d’aller en se foutant de la ponctuation parce qu’il y a certainement des choses plus importantes dans cette histoire j’ai complètement embarqué dedans. Puis je me suis rendu compte que ça coulait encore mieux si je me lisais ça avec un accent français mais là y’a des limites à tripper.

Les lacunes dues au handicap du livre se sont faites sentir dès mon premier élan de lecture après avoir lâché terre. Je venais de me terminer une écoute de Variations Fantômes de Philippe B. en pleurant un peu. Les mots des chansons me suivraient par la suite tout au long de la semaine au cours de mes marches. M’a dire, ça fitte rare.

J’ai défait la fermeture éclair de mon sac pour constater que la dernière page s’était prise dedans. Ça y est, je me suis dit, je vais passer une semaine à trotter et à avoir peur de perdre ma dernière page, ce qui, vous en conviendrez, serait d’une grande tristesse. J’ai considéré l’arracher tout de suite, question que ce soit fait. On peut pas abimer la dernière page si elle est plus là. Mais, vif, j’ai compris que je ne ferais que déplacer le problème.

Les quelques 100 premières pages m’ont semblé un peu lassantes. Gaston fait dans le recel de matériel volé et souhaite quitter son état de simple brigand pour se monter une entreprise. C’est bien, dans la vraie vie, de se monter une entreprise. Dans un roman, ça fait seulement des pages de trop. Celles-là, elles auraient pu passer dans le zipper.

J’ai fini la plupart de mes soirées au Fumoir, un bar devant le Louvre. Je m’y suis fait de bons amis, Éric, le chef barman/magicien, Esmahène, serveuse et bienfaitrice. Comme j’étais encore loin de chanter La Marseillaise bras-dessus bras-dessous avec les habitués du bar, je m’y installais confortablement pour en apprendre plus sur la légitimisation d’entreprises illégales devant un verre de vin qui, par les grâces du magicien, ne voyait jamais le fond.

Après quelques jours, j’ai allumé.

- Vous avez du papier collant? J’ai demandé à un des barmans.
- Pardon?
- Ben là, eh, du ruban adhésif?
- Je suis pas sûr de comprendre…

Je commençais à travailler fort à trouver des synonymes pour du maudit scotch tape (quand même pas pour dire ça) et je lui montrais mon livre en faisant des faces comme si je parlais à un russe quand il a dit « Ah, du scotch? ».

Voilà. Du scotch.

Je me suis mis à faire du bricolage un peu saoul, au milieu de tous ces gens vraiment mieux habillés que moi. Puis le livre s’est mis à devenir bon. Mon appréciation grandissait à mesure que Gaston se faisait dérouiller et qu’il embarquait dans des combines échangistes avec une jalousie digne d’un prix Gémeaux.

D’où la beauté que l’histoire soit pas vraie, on se réjouit mieux du malheur.

Ça adonne que l’histoire, elle se passe en grande partie à Paris, ça, j’étais ben content. J’ai toujours fermé les yeux et trouvé que les auteurs français allaient souvent à l’excès en nommant des noms de lieux que je ne connaissais pas et donc, que personne ne connaît. Mais là, amènes-en des porte de Clignancourt, j’ai vu ça sur la mappe, Les Halles, je suis passé par là, Gare du nord, en métro, Pigalle en courant, , Sébastopol, Magenta, Ménilmontant, j’avais tout vu ça. Le premier auteur français qui me parlait depuis Djian, ça faisait longtemps. Faut dire que j’ai pas donné grand’ chance.

Et là mon livre, je vais le remettre délicatement dans la bibliothèque, où il passera probablement les 30 prochaines années, à moins que je déménage. Ou à moins que je vous le prête, mais faudra faire attentions à la dernière page.

« Et puis les portes de Fleury se sont refermées sur moi et je n’ai plus pensé à rien. »

Ça finit comme ça. En cas. On sait jamais.

lundi 31 octobre 2011

What's Going On, Marvin Gaye? de Ben Edmonds


(Marvin Gaye and the last days of the Motown sound, 2001)
10/18 (musique & cie), 2004, 248 p.

What’s Going On est la première pièce que j’ai eue à apprendre dans un contexte académique. J’étais encore tout jeune, portais de douteux cheveux longs, je n’avais encore qu’une piètre connaissance des notes sur le manche et voilà que je me faisais des nœuds dans les doigts à essayer de reproduire avec une partition cette magnifique ligne de basse que James Jamerson avait sans aucun doute jouée de façon différente à chacune des prises lors de l’enregistrement.

Aucune idée de qui pouvait être Marvin Gaye.

Lors de mes cours, je jouais avec un maximum de dignité par-dessus un enregistrement bidon fait à l’ordinateur par mon prof, la suite d’accords, un beat de drum de base. Également par-dessus des commentaires du genre « Jamerson se r ‘vire dans sa tombe! », « Come on, t’es en train de taper une toune qui va passer à l’histoire! » «Hey, y jouait juste avec un doigt en plus! » ou encore « Yes sir, t’es black pis t’es dins années 70, le seul problème c’est que t’as une Ibanez! ».

Un soir, je revenais de l’école en autobus. Rock détente nous jouait des chansons plates en sourdine quand j’ai fini par ressentir des bourdonnements que je reconnaissais, au travers du vacarme en commun. Cette ligne de basse, comme si elle faisais partie de moi. Mais avec des mots. Brother, brother. Je me sentais soudainement beaucoup mieux. Les notes que j’avais apprises devenaient enfin de la musique. Une chanson.

Il s’en est passé des choses entre ce moment-là et la lecture que je viens de terminer. Me suis acheté un Greatest hits. Puis les albums. J’ai aimé Marvin Gaye puis l’ai reconnu comme un grand. J’ai élargi ma curiosité à Motown au complet, j’ai glané ici et là des morceaux d’histoire, essayé de mettre tout ça en ordre, avec un zèle somme toute mitigé. Je découvrais cette musique-là en même temps que tout plein d’autre, pas le temps d’aller au fond des choses. J’étais dans le gros jus.

Puis, des années plus tard, j’ai retrouvé ce livre dans une de mes bibliothèques. Je suis quasiment content de pas l’avoir lu avant tellement il vient de me faire un bien fou.


Ben Edmonds n’a pas écrit une biographie. What’s Going On, Marvin Gaye (que des mots anglais pour le titre de la traduction française… Le titre original est drôlement plus à propos. Mais ça sera ici (enfin!) ma seule digression au sujet de la traduction. Rien à redire sur le reste.) traite, vous l’aurez deviné, de l’album-culte et de tout ce que sa production a pu impliquer.

Si on ne nous fait pas l’histoire de Gaye, on nous fait du moins celle de Motown. Mise en place nécessaire pour bien comprendre la révolution qu’a pu occasionner la sortie de What’s Going On.

J’étais bien conscient que Berry Gordy avait parti Motown avec cette idée de « chaîne de montage » propre à la ville de Détroit. Mais je n’étais jamais allé plus loin. Somme toute, Motown m’évoquait des sourires, des mains qui tapent, des jeunes sortis de la rue. La belle innocence, des tonnes de numéro un au palmarès, « the sound of the new america.» C’est un peu avec peine que j’ai appris ici à quel point la production était compartimentée et régularisée. À quel point chez Motown, à l’image des chaînes de montage, on ne peut changer de rôle si l’on fait bien celui qu’on nous a confié. À ce titre l’histoire des Originals, le quatuor vocal qui chante sur la plus grande partie des titres enregistrés, qui sont incapables de faire leur propre album. La production était stricte et réglementée avec comme unique but le succès commercial. Un échec et tu te retrouves au bas de l’échelle. Ta deuxième chance – si elle vient – elle risque d’être loin.

On avait cantonné Marvin Gaye dans un rôle de dandy romantique avec ses nombreux succès aux côtés de Tammi Terrell. La formule marchait, pourquoi la changer? Mais Gaye voyait plus loin et c’est non sans peine qu’il s’est mis à réaliser lui-même ses sessions d’enregistrement. Premier essai : « I heard it trough the grapevine », considéré maintenant comme l’un des plus grands singles de tout les temps. Mais le Quality Control chez Motown ne voyait pas les choses de cette façon. On était beaucoup trop loin du son Motown, trop sombre, etc. Aura fallu relever d’astuces pour sortir cette chanson.

Alors imaginez quand Gaye est arrivé avec What’s going on. Une chanson sociale quand la boîte a fait ses millions avec des love, baby, suga’, lollipop. Ça a été un refus catégorique. Puis Gaye s’est refusé à produire quoi que ce soit tant qu’il n’aurait pas l’occasion de faire son album. La pression pour une sortie se faisait sentir, on était sur le bord de faire un autre Greatest Hits avec une nouvelle pochette, puis Berry Gordy est venu de LA (il avait quitté Détroit depuis longtemps) pour jaser avec Gaye. Puis c’est un pari qui eut raison de l’entente. Gaye avait 30 jours pour faire son album. Et là, on ne parle pas que d’enregistrer, non, Motown faisait ça en un après-midi. Gaye avait 30 jours pour écrire le reste des chansons qui composeraient l’album et l’enregistrer. Le 31e jour, il devait s’envoler vers LA pour le tournage d’un film qu’il avait essayé d’annuler, ce à quoi les producteurs du film répondirent par des menaces de poursuite en justice. Ajoutez à ça le fisc qui le talonne avec une attention particulière.

Les plus grands chefs-d’œuvre sont créés sous pression.

What’s going on a innové sous plusieurs points. Après des années passées en toute innocence aux sommets des palmarès, la musique noire avait enfin des chansons qui parlaient réellement et tout ça en faisant appel à l’amour plutôt qu’au soulèvement. Pour la première fois, Motown sortait en album avec une pochette dépliable et une présentation soignée. Le nom de l’arrangeur, Dave Van DePitte, figurait au recto de la pochette. Pour la première fois, les noms des musiciens y figuraient. Les Funk Brothers, le mythique orchestre maison de Motown à qui l’on doit la plus grande partie du « Son Motown » n’avaient jamais été mentionnés dans les centaines d’enregistrements précédents. Incidemment, ça serait également la dernière fois, Motown fermant ses bureaux et studios (où la batterie n’a jamais été déplacée) de Détroit pour Los Angeles. La plus vieille employée de la boîte s’est fait remercier par un mémo disant que son poste avait été aboli et qu’ils n’auraient désormais plus besoin de ses services. Tchow-bye.

Puis la triste fin. Détroit en décrépitude, Marvin Gaye trouvant la mort criblé de balles par son propre père. La tristesse et l’amour sont les plus grand acteurs de ce livre. La douceur de la musique tenue par une main de fer. Le personnage ambivalent de Marvin Gaye, affable et bon enfant tout en étant torturé, perfectionniste et visionnaire.
Je trouve ça triste et pourtant, je souris.


Je crois pas avoir déjà autant parlé d’un livre. Je me retiens. Mais vous inquiétez pas, il reste tout plein de choses à apprendre, je suis loin d’avoir tout dit. Et ça me tue de penser qu’il y a déjà tout plein d’affaires que j’ai oubliées.

Depuis le début de ce texte, j’ai bien dû flipper le vinyle quatre ou cinq fois. Autant ce disque-là me remplit, autant je suis conscient que je n’en saisis même pas le quart.

On a encore plein de belles années à passer.

samedi 15 octobre 2011

Le monde du blues, de Paul Oliver


(Blues fell this morning : The meaning of the blues, 1960)
Arthaud, 1962, 10/18 (musiques & cie) 2002, 342 p.

Encore dans la catégorie des cas à régler, un livre qui jaunit dans ma bibliothèque depuis près de dix ans. Rien de mal à ça, j’en suis présentement dans ma plus grande période blues à vie. Je comptais un peu sur ce livre pour m’aider à faire le ménage dans ce genre de musique qui, à première oreille, peut sembler revenir du pareil au même. Je voulais en ressortir avec des noms et des titres, mais me voilà plutôt enrichi de l’histoire des noirs aux Etats-Unis.

Le titre original prévient beaucoup mieux que celui de la traduction française de ce à quoi s’attendre du livre. Rien de bien surprenant. Le monde du blues mets en contexte et explique la longue lutte des noirs vers la reconnaissance, ne serait-elle que minime. De l’esclavagisme à « l’abolition » de la ségrégation, en passant par le goût prononcé du vice, la prostitution, la malnutrition, les conditions de vie minimales, les croyances, l’exil vers le nord, etc, Paul Oliver illustre un demi-siècle de lutte des noirs au travers de nombreux extraits de textes blues originaux.

Jusqu’ici, rien à redire, mises à part les nombreuses répétitions qui aloudrissent quelque peu le texte. On ne peut aborder l’histoire du blues sans d’abord avoir connaissance du long chemin parcouru par le peuple qui l’a fait naître.

Seulement – c’est pas la première ni la dernière fois que ça gâche mon plaisir – la traduction alourdit gravement le projet. Compte tenu du fait que l’entreprise repose sur l’illustration de l’histoire par les textes de chansons, la traduction de ces derniers pose une certaine entrave à l’authenticité et au mojo en général :

- Je suis allé voir l’homme qui lit dans la main pour qu’il m’dise mon avenir (bis)
Il m’a dit « Il te faut une assurance, pauvre guignard! »

Si vous voulez d’autres exemples, allez trouver le livre à la bibliothèque. Moi ça me déprime.

Alors on continue la lecture en s’imaginant tout ces mots qui sonneraient si bien en anglais puis on tombe, de temps en temps, sur des extraits en anglais transcrits de l’oral, du genre :

My mother, my mother she tol’ me, an my father tol’ me too :
« That junk’s a bad habit, why don’t you leave it too? »
My sister she even tol’ me, an’ my grandma tol’ me too :
« Thay usin’ junk, pardner, was goin’ be the death of you. »

Plus loin, dans la traduction, le mot « chnouff » remplace « junk »…

Je sais pas pour vous, mais moi, en lisant les mots en anglais, j’entends la musique de façon automatique. Et en français, j’entends un bruit de trompette qui craque. Ou des klaxons. J’entends un accent fatiguant et j’ai envie de lui demander s’il a pas mieux à faire.

Alors pourquoi, j’me suis dit, pourquoi c’est juste en anglais des fois? Compte tenu que le livre part de l’anglais, je me dis, un petit copy/paste et c’est réglé, hein. Libre à toi, traducteur de rajouter le texte en français après, nous on pourra le sauter et ça va juste nous donner l’impression de lire le livre plus vite.

Tsssss…

Et rajoutons à ça qu’aucun des textes n’est référencé. Je sais pas s’il faut donner la faute à Oliver au traducteur, cependant.

Vous me direz, Gasse, arrête de chiâler pis lis les livres directement en anglais, maudit. Je répondrai que oui, absolument, mais ce livre-là m’a été donné et j’ai quand même beaucoup appris.

Maintenant, je vais aller écouter des disques. Ça va me faire beaucoup de bien.